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Qu’est-ce que la pollution numérique et quels sont ses impacts ?

Depuis 2010, le secteur informatique a pris un tournant historique, révolutionnant nos vies. Aussi bouleversant que la révolution industrielle, Internet s’invite dans notre quotidien sans y avoir été vraiment invité : bureautique, divertissement, production, accompagnement, partage et lien social sont au cœur de nos journées. Loin d’être sans conséquence, la pollution numérique qui en résulte a de nombreux impacts, non négligeable sur nos sociétés.


Définition de la pollution numérique

La pollution numérique est une expression désignant toutes les conséquences négatives qu’engendre l’utilisation des nouvelles technologies. L’environnement numérique se compose de tous les produits et services liés à l’information et la communication dont Internet regorge.

Bien qu’invisible, le web est un espace extrêmement énergivore, engendrant énormément d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Bien que dématérialisé, il cache un grand nombre de sous-domaines consommant des ressources polluantes, pourtant indispensables à leur fonctionnement.
L’impact environnemental se mesure sur l’ensemble de la chaîne numérique, de la production à la consommation en passant par l’extraction et le transport des matières jusqu’à la destruction.


La pollution numérique en chiffres

Bon, la théorie, c’est bien, le concret c’est mieux ! Au-delà de cette définition sommaire, intéressons-nous plus précisément à ce qui se cache derrière ce terme. Voici en quelques chiffres les coulisses de la pollution numérique que nous produisons.

  • Le numérique représente à lui seul 4% des émissions de gaz à effet de serre, soit 1.5 fois plus que le transport aérien,
  • Internet est le troisième plus grand consommateur d’électricité, derrière la Chine et les États-Unis,
  • 600kg de matières premières sont nécessaires pour fabriquer un ordinateur de 2kg,
  • Construire un téléviseur consomme autant qu’un voyage en avion entre Paris et Tunis,
  • Envoyer un courriel de 1Mo consomme autant qu’une ampoule électrique de 25 W ouverte pendant 1 heure,
  • Un courriel envoyé à 10 destinataires multiplie par 4 son impact environnemental.
  • Envoyer 20 courriels par jour pollue autant que faire 100 km en voiture,
  • Regarder un film de 2h en 4K sur une plateforme consomme autant qu’envoyer 300 000 emails contenant une pièce jointe,
  • Un data center de 10 000 m² consomme autant qu’une ville de 50 000 habitants.


Les causes de la pollution numérique

Le streaming

Vous aimez regarder des films en streaming, sur une plateforme, Internet ou sur des réseaux sociaux ? Mais saviez-vous que cette pratique est extrêmement énergivore ? Chaque année, un utilisateur de YouTube moyen rejette 177kg de CO2 en visionnant des vidéos.

Et oui ! Les plateformes de vidéos à la demande, comme Netflix, Prime Video ou Disney+, consomment un nombre important d’énergies fossiles. En effet, pour voir et télécharger des films ou des séries, Internet exploite des centres de données fonctionnant encore au gaz ou au charbon.

À elle seule, la vidéo représente près de 60% des flux de données sur Internet. Si de nombreuses entreprises tendent vers l’utilisation d’énergies renouvelables, d’autres géants sont encore à la peine. En tout, près de 1% des émissions de GES mondiales sont émises par la consommation du streaming vidéo, tous supports confondus.

Le déploiement de la 5G

Au cœur de nombreuses conversations et fantasmes, la 5G a fait parler d’elle bien avant son déploiement. Et pour cause, cette cinquième génération de téléphonie mobile permet d’augmenter le volume de données possiblement partagées. Bien que moins énergivore que le 4G, la 5G engendre forcément une explosion de la consommation électrique de tout le secteur du numérique.

En plus de cela, il faut aussi prendre en considération les importantes mises à jour que nécessite ce nouveau standard. L’achat de nouveaux smartphones supportant cette technologie et les modifications apportées aux infrastructures ont forcément un impact important sur la pollution numérique.

On estime que l’augmentation de l’empreinte carbone due au déploiement de la 5G serait comprise entre 18 et 45%.

Le cloud

Et non, Internet n’est pas invisible. Tout ce que vous voyez, lisez, écoutez, regardez est bel et bien stocké en ligne dans un cloud. Derrière ce mot aux allures très écologiques se cache en réalité une source infinie d’émission de GES. Dématérialisé, le cloud (ou nuage) consomme bien plus qu’il n’y parait. La raison est simple : les données, bien qu’immatérielles, sont stockées sur des serveurs, qui eux sont bien matériels. Plus vous produisez de contenus, plus vous réclamez de place pour les stocker.

Un email, envoyé à plusieurs destinataires, nécessitera plus d’espace de stockage que pour un seul destinataire. De nombreuses entreprises l’ont compris et font déjà appel à des logiciels permettant de converser en direct avec son interlocuteur. Le chat permet ainsi de limiter l’utilisation du cloud et réduit donc son empreinte carbone. De nombreuses bonnes pratiques existent pour limiter l’empreinte carbone émise et permettre de réduire sa pollution numérique.

Les modes de consommation

Derrière ces comportements se cache surtout une réalité beaucoup plus dangereuse. Car le streaming, la 5G, le clouding et le téléchargement ne sont que les conséquences d’une nouvelle mode de consommation reposant sur l’immédiat et la surenchère. Savez-vous qu’avant même d’être branchée, une SmartTV consomme près de 350kg de CO2 ?

Ces technologies sont au cœur d’une course interminable où s’affrontent différents constructeurs. Cette bataille économique pousse le consommateur dans une quête de la nouveauté visant à l’influencer dans l’achat compulsif. Or, si tout ce qui est nouveau est bon, le marché du reconditionné souffre encore d’un manque d’intérêt et de réglementation. En effet, près de 75% des déchets économiques échapperaient à la légalité du recyclage, empêchant la récupération des matières premières nécessaires à la production de nouveaux modèles.

Entre les matières premières, la consommation électrique et l’obsolescence de ces équipements, nos modes de consommation encouragent une pollution numérique invisible. La plupart des acteurs du secteur, les particuliers et les entreprises souffrent encore d’une grande méconnaissance quant à l’impact de leurs comportements sur l’environnement.


Quels sont les impacts de la pollution numérique ?

Qu’elles soient au niveau de l’environnement ou au niveau des populations, les conséquences de la pollution numérique menacent nos écosystèmes, si fragiles. Partout dans le monde, sur terre comme sous les mers, l’impact du numérique tend à s’effacer, mais pour mieux gagner en dangerosité.

Les impacts sur l’environnement

Les data Centers fument

Vous avez tous en tête ces images de chambres noires seulement par des centaines d’ordinateurs clignotants alignés les uns derrière les autres. Loin d’être de l’imaginaire, ces centres de données pullulent un peu partout dans le monde. En tout, ce sont près de 7 500 centres qui ont été bâtis, dont 2600, dans les 20 plus grandes métropoles. Un chiffre qui augmente de plus de 20% par an.

En Europe, rien ne laisse présager que ces hangars, fonctionnant principalement à l‘énergie nucléaire, rejettent un volume important de CO2. Et pourtant, par leur consommation excessive d’électricité, ces bureaux sont loin d’être blancs. Avec une production de 2.5 trillions d’octets par jour, ces centres de données ont non seulement besoin d’électricité pour fonctionner, mais aussi pour se refroidir.

Dans d’autres pays, moins soumis aux législations environnementales, cette électricité n’est pas produite à partir de centrales, mais directement au charbon. Les cheminées n’y sont donc pas invisibles et les nuages prennent vite une couleur noire.

Les câbles sous-marins

Pour qu’Internet fonctionne, il faut dérouler du câble. Et c’est dans la mer qu’il faut les chercher pour se rendre compte de leur présence. En 2020, il y avait 406 câbles qui traversaient les mers et les océans, reliant les pays pour apporter la connexion optimale au fonctionnement du web. Il est possible de se rendre compte de ce trafic en jetant un coup d’œil sur Submarinecablemap.

Compris entre 131km et 20 000km de long, ces infrastructures représentent à eux seuls 28% des émissions de GES. Car oui, il en faut des navires, du pétrole et des matériaux pour transporter ces câbles d’un point à un autre.

Les impacts sur les populations

Les matières premières nécessaires à la production se trouvent généralement dans des pays peu regardants aux conditions d’exploitation des mines. C’est le cas au Congo où les « mines de sang » financent encore la guerre civile. De l’autre côté de l’Atlantique, ce sont les rivières polluées de l’Amazonie brésilienne qui inquiètent les autorités sanitaires mondiales.

Or les volumes nécessaires pour la fabrication et le fonctionnement des produits et outils technologiques sont considérables. L’exploitation de ces métaux rares change donc le visage des pays exploités : pollution des lacs, usine chimique, dérèglement de la faune et la flore, délocalisation des populations, etc.

Particulièrement présentes en Chine, ces usines de production rejettent tellement de produits chimiques et de CO2 qu’elles en deviennent dangereuses pour les habitants vivant dans les alentours. En 2017, on estimait que près d’un chinois sur sept consommait de l’eau polluée, soit près de 200 millions de personnes.

Et si la pollution numérique est surtout présente durant la fabrication, il faut aussi tenir compte des conséquences de la destruction de ces équipements. Selon l’ONU, 75% des déchets électroniques échappent au recyclage légal. De gigantesques décharges à ciel ouvert voient donc le jour, formant des zones inhabitables et toxiques. Pas étonnant de voir des masses migratoires fuir ces zones polluées pour des endroits plus sûrs.


ECOLOWEB : Pour un contenu responsable

Parce que nous sommes tous responsables face à la montée de la pollution numérique dans le monde, nous avons mis en ligne une chartre éditoriale pour tous nos clients. Plus que jamais, nous sommes sollicités par de l’information sous toutes ses formes.

Dans cette section, nous nous engageons pour un contenu efficace et responsable, vert et recyclable. Et nous savons, comme 80% des Français, qu’une entreprise qui s’engage contre la pollution numérique mérite toute notre confiance.

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